Allons à la morgue

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Allons à la morgue

Message par Docteur Watson le Mer 15 Aoû - 15:53

"Lugubre et exaltant"... Les mots étaient de Holmes lui-même. Il existait peu de choses qui pussent effrayer un homme comme Watson, un docteur ayant fait la campagne d'Afghanistan, même si cela peut sembler prétentieux de le présenter ainsi. Toutefois, si la vue de cadavres n'avait rien de bien effrayant en soi, une morgue restait un endroit sinistre et un tantinet glauque et tellement plus "exaltant" à visiter de nuit. Watson ignorait pourquoi Holmes tenait absolument à s'y rendre à une heure si tardive mais s'il était un chose qu'il savait en revanche, c'était que son compagnon ne faisait jamais rien par hasard. Il avait forcément ses raisons... que le Watson ignorait.
La nuit était tombée, glaciale comme toujours à Londres en cette fin de XIXième siècle. La morgue était au bord de la Tamise, dans un repli du fleuve assez isolé. L'avantage : l'isolement précisément, les gens n'apprécient en général pas trop le voisinage des morts. L'inconvénient : l'humidité avait tôt fait de gâter les pensionnaires, un cauchemar pour les thanatopracteurs de ce quartier londonien. A l'époque on ne se souciait ni de médecine légale, ni du bonheur des croques-morts.
Après le dîner et une heure et demi de trajet en fiacre, les deux hommes étaient parvenus à leur sombre et humide destination.


#plotch#

C'était le bruit que les bottes de Watson venaient de faire en touchant le sol spongieux. Il faut plus qu'un peu de boue pour effaroucher un Anglais.
Au fait comment Watson avait-il accepté de se joindre à son ami ? Au cours du repas, après quelques supplications et beaucoup de bon vin français, en vérité. Le bon docteur, après de molles protestations, avait finalement accepté de venir à la morgue - et uniquement à la morgue - en qualité d'expert médical.

La morgue, bâtiment allongé avec ses briques rouges et son toit en zinc, dressait devant eux sa forme passive. Trois silhouettes se dessinaient à la lueur des quelques réverbères à huile qui traînaient ça et là : celle d'un homme en pardessus, portant chapeau et moustache ainsi que celles de deux bobbies en pélerine.

Watson reconnut Lestrade accompagné de deux policiers qui les attendaient. Ils s'approchèrent à pas prudents, histoire de ne pas se vautrer dans la boue, et Watson salua l'inspecteur en se frottant énergiquement les bras.


Watson : " Brrr, frisquette cette soirée. Quelle merveilleuse idée de venir à cette heure, je reconnais bien là la marque de votre génie Holmes : cela donne envie de se mettre plus rapidement au travail pour en finir au plus tôt ! "

Lestrade fit une moue et secoua sa moustache.

Lestrade : " N'espérez pas trop Docteur : il fait encore plus froid à l'intérieur. "

Docteur Watson

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Re: Allons à la morgue

Message par Sherlock Holmes le Mer 15 Aoû - 22:03

Si Watson semblait frigorifié, Holmes quant à lui exultait... Les balades nocturnes lui permettaient toujours de réfléchir intensément car le manteau de la nuit rendait cette ville toujours en perpétuel babillage quasiment aphone. Et tout ce qui permettait au détective de ne pas être dérangé dans ses pensées était le bienvenu. Il marchait donc d'un pas guilleret, visiblement ravi de la nouvelle affaire qui lui tombait inopinément sur les bras. Il répondit :

- Voyez-vous Watson, c'est que la nuit est en effet particulièrement froide, comme vous le remarquez très justement. Et cela, depuis des semaines entières... J'aimerais donc vous démontrer quelque chose.

Il en resta là et s'engouffra dans le bâtiment austère aux murs de briques. L'intérieur était tout aussi passif que l'extérieur. À cette heure tardive de la nuit, bien peu de coroner étaient encore à l'ouvrage. Il faisait en effet un froid de canard, ce qui encourageait tous les éveillés de la morgues à marcher vite dans les couloirs lugubres... Pourtant, les pensionnaires ne risquaient pas de se sauver. Le trio arriva bientôt dans la salle et se retrouva face à trois cadavres disposés sur trois planches de bois reposant sur des tréteaux. Holmes fit le tour, regarda les cadavres de loin, de près, s'intéressa particulièrement aux plaies qui les avaient rendus exsangues et tourna son visage souriant vers Watson :

- Vous voyez mon cher docteur comme le sang coagule à l'entrée de la plaie, même sur notre tout frais séminariste ? Il faut froid, et le froid fige le sang rapidement. Si bien que pour le vider d'un corps mourant, entièrement j'entends, il faut le faire au chaud et non pas de nuit, en pleine rue. Et vu qu'il serait étonnant qu'on ait tué ces trois là, en plein jour, n'est-ce pas Lestrade, eh bien il me semble assez logique de penser qu'on les a tués à l'intérieur et non pas à l'extérieur.

Il se tint droit, laissa la place à Watson et continua, tandis qu'il encourageait le docteur à donner ses conclusions :

- De plus, vous voyez les marques aux chevilles, n'est-ce pas ?

Sherlock Holmes

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Re: Allons à la morgue

Message par Docteur Watson le Jeu 16 Aoû - 1:45

Watson mit ses lunettes et observa le point que désignait Sherlock Holmes. Une croute de sang noirci formait une collerette autour de chaque plaie. Ce qui frappait d'abord était la propreté des meurtrissures, surprenante pour des trous qui avait laissé couler cinq litres de liquide épais entrainé par la pesanteur, si Holmes avait raison pour les marques de corde. De plus qu'est-ce qui avait bien pu faire de telles plaies ? "Un poinçon" se dit Watson, "peut-être même deux". En effet la plupart des blessures se présentait comme deux petit trous arrondis espacés d'un demi pouce environ, sur le cou du séminariste en tout cas. Les traces de coagulation débordaient d'une navrure sur sa consœur, il fallait se rapprocher pour nettement les distinguer l'une de l'autre

Docteur Watson : " A première vue votre hypothèse semble crédible. Vidés comme des cochons en somme."

Le mot semblait faible, presque vexatoire pour Sherlock Holmes, mais Lestrade intervint :

Lestrade : " Nous avions abouti à la même conclusion : c'est bien par les plaies que le sang est sorti. Je confesse en revanche que l'influence du froid... nous avait échappé. "

Watson examinait le corps du séminariste, un peu gonflé probablement à cause de l'humidité. Il ressemblait à un petit tas de gelé anglaise avariée. Après quelques secondes d'examen il recula en lissant sa moustache avec ses doigts gantés. Il dit :

Docteur Watson : " Cependant une question cruciale demeure : où est le sang ? "

Une question parmi bien d'autres en réalité : où les meurtres, pourquoi, quand, qui ? Et ce n'était que le début. Lestrade avait peut-être une partie des réponses, mais il se tourna tout naturellement vers Sherlock Holmes.

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Re: Allons à la morgue

Message par Sherlock Holmes le Jeu 16 Aoû - 19:08

Le regard de Sherlock brilla d'une intensité renouvelée quand Watson fit allusion aux marques de cordes :

- Oui, pour le séminariste mon cher docteur. Pas pour les deux autres... Ils n'ont guère de marque aux chevilles quant à eux. Les blessures sont également moins régulières.

Lestrade ouvrit immédiatement son clapet pour répliquer, toujours prêt à mettre Holmes en défaut :

- Vous voulez dire que votre hypothèse est fausse ? Que les crimes ne sont pas liés ?

Le détective haussa les épaules et dit, d'un ton sarcastique :

- Lestrade, quand vous aurez l'âge d'émettre des hypothèses fondées, je vous jure que je n'hésiterai pas à faire appel à vous. En attendant, laissez-donc faire les grands voulez-vous ? Je ne réfute pas ma propre hypothèse, je note simplement des dissemblances dans le schéma morbide. C'est d'ailleurs bien plus intéressant ainsi.

L'inspecteur se renfrogna, sous son petit chapeau ce qui accentua le sourire de Sherlock, qui se demandait déjà pourquoi il y a avait en effet certaines dissemblances. Le séminariste avait été mis en scène, selon la manchette du journal. Alors que les deux autres avaient juste été retrouvés en pleine rue, exsangues... Holmes entrevoyait déjà un schéma vacillant, qui peinait à prendre ses marques. Le séminariste, plus récent que les deux autres, qui commenceraient bientôt à être dévorés par les vers, même en pleine morgue, était l'oeuvre la plus aboutie du ou des assassins :

- Notre ou nos tueurs débutent... Les deux insignifiants sont des coups d'essais, afin de déterminer ce qui est le plus pratique pour vider le sang d'un corps. Le séminariste lui, aux vues de sa fonction et de la mise en scène de son meurtre, doit être considéré comme le schéma abouti. Et bientôt, l'autre meurtre concernera quelqu'un de plus important qu'un séminariste.

Lestrade blémit :

- Vous pensez qu'il y en aura un autre ?

Sherlock reprit à la volée :

- Un autre ? Des autres vous voulez dire. Quand on prend la peine de faire deux coups d'essai, c'est qu'on souhaite viser haut. Mais le docteur est plus pertinent que moi, où a été retrouvé notre séminariste et dans quelle position exactement ? Des traces de sang étaient-elles sur les lieux, indiquant qu'on avait recueilli le liquide dans un récipient quelconque ? Et ce sang, est-il réapparu quelque part ? Des messages dans les rues peut-être ? En latin, auxquels vos si fins limiers n'ont pas prêté attention ?

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Re: Allons à la morgue

Message par Docteur Watson le Dim 19 Aoû - 1:40

Les fins limiers, ou du moins ceux qui les représentaient ici, se regardèrent perplexes. (Souvenons-nous que deux policiers accompagnaient Lestrade.) Ils attendaient anxieusement que Lestrade se tournât vers eux pour les questionner du regard, comme des écoliers qu'on interroge sur la leçon d'hier. Lestrade pourtant n'en fit rien. Il n'avait pas encore épuisé toute sa besace d'informations.

Lestrade : " Les corps ont certainement été déplacés. Pour la femme de chambre, nous avons interrogé le métalliste qui l'a trouvée. Elle était étendue au bord du quai de Fairmouth, près du chantier naval. Au départ il a cru que c'était un paquet de linge oublié par une lavandière. En y regardant de plus près il a vu que c'était un corps femme. Il n'y a pas de voisinage à cet endroit, c'est parfaitement désert la nuit. Ce qui ne dit pas quand elle a été tuée : le corps a été placé là la nuit, c'est notre certitude.
L'étudiant en médecine lui avait commencé à pourrir sous son tas d'ordures, dans un tel état qu'on ne sait même pas s'il n'a pas été tué avant la femme de ménage. Le voisinage du lieu nous a bien dit qu'il y avait eu des cris mais à chaque fois à des heures et à des jours différents selon les gens. Il y a du passage et du bruit tout le temps. Sa logeuse était bien triste, c'était un garçon très gentil selon elle. Il se destinait à l'hématologie, quel ironie !

Le séminariste quant à lui est un peu différent. Le père qui le chaperonne, le père Waitensea, nous a expliqué qu'il était nerveux depuis quelques jours. Il affirmait entendre des voix la nuit dans sa chambre qui n'étaient pas celle du Seigneur mais celle de Satan ! Le bon père lui a expliqué que le vent dans les coursives devait en être la cause, il lui a proposé de changer de chambre, ce que le jeune homme a accepté avec soulagement. Il devait faire le transfert de chambre pour la nuit suivante, lorsqu'il a disparu en pleine nuit à ce qu'on raconte. De quoi faire paniquer tout l'internat, vous imaginez bien. Le séminaire est à deux pas d'ici d'ailleurs.
Quant au lieu du crime, toujours la même chose : tout le monde a été sidéré de retrouver le malheureux les bras en croix et exsangue comme les autres... "

Watson écouta distraitement le rapport de Lestrade. Il était fasciné par les blessures à double pointe. Il enchaîna :

Watson : " Dites-moi inspecteur, les rumeurs au sujet de l'animal sauvage relayées par la presse, ne serait-ce pas à cause de ces étranges blessures qui font comme... et bien comme des... des crocs de grand félin ? "

Lestrade acquiesca.

Lestrade : " C'est possible, mais..."

Docteur Watson

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Re: Allons à la morgue

Message par Sherlock Holmes le Lun 3 Sep - 10:53

Sherlock haussa les épaules et répondit, en coupant Lestrade :

- Ce que l'inspecteur veut dire c'est que c'est possible mais qu'aucun félin, même le chat complètement fêlé de mémé ne suce le sang de quelqu'un... Tiens d'ailleurs, si Mary souhaite vous faire prendre un chat à la maison, évitez, ce sont des bêtes imprévisibles, elles laissent des poils partout et j'y suis allergique.

Puis, le détective revint au séminariste et continua :

- Des voix vous dîtes ? Quel genre de voix ? Il nous faut aller interroger cet homme d'église et Dieu sait que je ne les aime pas !

Avant de partir toutefois, il observa une dernière fois les plaies sur chaque cadavre. On aurait vraiment dit des morsures et Sherlock sembla troublé pendant quelques secondes. Il finit par se diriger vers un des sous-fifres de Lestrade et dit :

- Ouvrez donc la bouche mon garçon.

Un coup d'oeil un brin angoissé vers Lestrade, qui donna son assentiment en soupirant et le garçon dévoila docilement ses dents. Holmes mesura la distance globale entre ses deux canines et revint aux cadavres, comparant l'écart des deux petites plaies rondes :

- Ça colle. C'est intéressant et incroyablement fascinant, vous ne trouvez pas Watson ?

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Re: Allons à la morgue

Message par Docteur Watson le Mar 4 Sep - 16:39

Watson ne manqua pas de reprendre la balle au bond :

Watson : " Vous êtes allergique, vraiment ! Dès que je rentre je demande à Mary d'en adopter un. Minou, minou... "

Watson ne fut pas surpris de la remarque impie de son compagnon sur les hommes d'église. Comment un homme épris de logique tel que Holmes pourrait-il apprécier quoi que ce fût dans ce qui relève de la religion ?

Il fut cependant beaucoup plus intrigué par le petit jeu de son ami avec les canines du policier.

Watson : " Sherlock ? "

Levant le sourcil il le regarda achever son petit manège et répondit à son interpellation :

Watson : " Qu'est-ce qui est fascinant, l'hygiène dentaire dans la police ? "

Puis comprenant presque (j'ai bien dit presque) ce que son compagnon venait de faire :

Watson : " Est-ce que vous sous-entendriez que ce policier a mordu ces malheureux ? "

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