"Il me reste la cocaïne..."

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"Il me reste la cocaïne..."

Message par Sherlock Holmes le Lun 3 Mai - 10:39



    En cette journée de début de printemps, il faisait sombre dans l'appartement du 221B Baker Street. Une touche de lumière essayait de s'étirer ici et là, lorsque les pans des lourds rideaux poussiéreux ne se rejoignaient pas tout à fait. Toutefois, son ampleur n'était pas suffisamment grande pour qu'un œil étranger puisse remarquer le corps recroquevillé sur le petit sofa matelassé. Le personnage, tenait ses longs membres repliés sur eux-mêmes, tandis que la tête, basculée en arrière sur un coussin à la propreté douteuse, semblait être parfois agitée de soubresauts nerveux.

    De temps à autres, le personnage jetait un regard désabusé vers le fauteuil le plus proche du sofa, comme s'il cherchait à s'y faire matérialiser quelqu'un. Mais il avait beau se concentrer parfois de longues minutes, rien ne se produisait. Après cela, il soupirait et sa tête reprenait sa position initiale. Ce manège durait certainement depuis des jours.
    Sherlock Holmes, car il s'agissait de lui, avait l'impression que chaque os de son grand corps pesait des dizaines de kilos. A part sa nuque, aucune parcelle n'était mobile et il demeurait prostré, faute de mieux. Le dernier véritable geste qu'il avait esquissé s'était déroulé hier au soir lorsqu'il avait allongé son bras jusqu'à la petite table pour y saisir sa seringue et s'injecter sa dose de cocaïne. Son esprit s'était alors éveillé, ses neurones agréablement entrechoqués et puis ça avait été le vide. Cette fois-ci, total. Et il n'était plus parvenu à bouger du tout. Ce n'était pas la première fois, mais c'était un rien angoissant... Quoiqu'il n'était pas prompt à l'angoisse, mais là, il sentait bien qu'il avait dépassé certaines bornes. Ça ne serait jamais arrivé si... Bah, à quoi bon y penser vu que ce genre de projections faisaient partie de l'imaginaire et non du réel ?

    Malgré lui, il reposa les yeux sur le fauteuil, toujours désespérément vide. Et Sherlock Holmes fronça son épais sourcil. Ce n'était pas la première fois qu'il se trouvait dans la solitude. Il l'avait expérimentée avant et s'en était très bien sorti. Ou presque bien sorti. De toute façon, il n'avait jamais porté en lui un caractère très sociable ou disons qu'il oscillait entre l'asociabilité la plus totale et parfois une envie subite de se mêler aux autres.

    Vu qu'il était seul, il décida, dans un éclair de lucidité qui venait du tréfonds de son cerveau douloureux, de se concentrer sur ses futures expérimentations chimiques. Il tourna la tête mais ne parvint même pas à distinguer la cornue dans l'obscurité de la pièce. Nouveau regard sur le fauteuil, cette fois-ci plus que sourcillant, un brin furibond. Ah ça, c'était quand même un peu scandaleux qu'on le laisse à ses fantaisies de cocaïnomane et qu'on ne soit plus là pour lui prêter main forte, soutien, afin qu'il se lève jusqu'à sa table de travail !

    Il soupira une énième fois. Watson était parti depuis quatre jours...

Sherlock Holmes

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Re: "Il me reste la cocaïne..."

Message par Sherlock Holmes le Lun 10 Mai - 16:53



    Mrs Hudson regardait frénétiquement la pendule depuis une bonne heure à présent. Toujours aucun mouvement de l'autre côté. Et pourtant, les cloisons étaient minces. Cela commençait à sérieusement la plonger dans une sorte de colère mêlée d'inquiétude. Abandonnée à ses tâches quotidiennes, sans âme qui vive dans cette maison, ou quasiment pas, elle ne savait plus à quel saint se vouer.

    Elle avait attendu, les premiers jours, que la sonnette retentisse et qu'il sorte enfin de sa réclusion volontaire mais on ne l'avait jamais appelée. Sept jours à présent qu'il n'avait quasiment rien mangé. Le docteur désapprouverait certainement. Elle hésitait d'ailleurs fortement à le contacter. Mais que lui dire ? "Venez, Monsieur, je vous en prie, votre ami est malade, je crois..." Ridicule. Il l'enverrait certainement paître, lui disant de ne pas s'en faire, qu'il s'agissait d'une énième lubie de Sherlock Holmes. Lubies qui avaient usé, ces derniers temps, la patience de ce cher Watson, pourtant si compatissant à son habitude.

    Elle leva une nouvelle fois sa diaphane paupière vers la pendule. Midi passé. Il fallait absolument qu'il se nourrisse aujourd'hui. Mais jamais, non jamais elle n'oserait entrer dans cette partie de l'appartement, où il se cloîtrait. Elle l'avouait bien volontiers, Sherlock Holmes lui fichait la frousse lorsqu'il était dans ses moments sombres. Quand il y avait le docteur, elle ne craignait rien, mais là, elle se sentait défaillir à l'idée d'aller frapper à la porte pour lui porter son repas.

    Que faire bon sang ? Elle n'allait tout de même pas le laisser mourir de faim dans son entêtement ? Foi de Hudson, ça n'était jamais arrivé, dans toute la longue lignée de gouvernantes qu'avait comptées la famille ! Il fallait qu'elle prenne son courage à deux mains. Ce n'était pas ce détective complètement farfelu qui allait l'effrayer, elle, une femme tout à fait respectable qui avait réussi à élever cinq garçons quasiment en même temps. Elle raffermit son courage et saisit les anses du plateau en argent. Un brin tremblotante, elle se dirigea ensuite vers le pallier sur lequel donnait les pièces qu'occupait Sherlock Holmes.

    Arrivée en haut, elle sentit, avec angoisse, que ses bribes de courage s'étaient toutes envolées. Elle osa appuyer son oreille contre le battant pour voir si elle entendait quelque chose. Rien. Elle regarda le pas de la porte : la lumière ne filtrait pas en dessous. Ah en plus il était dans le noir. Quel drôle d'énergumène celui-là... Elle hésitait encore sur le plancher, entre entrer franchement et s'en aller promptement quand la porte s'ouvrit à la volée.
    Sherlock Holmes était sur le seuil, un peu échevelé, la tenue débraillée et la barbe de cinq jours. Il avait mauvaise mine, les joues creuses et de lourdes cernes soulignaient son regard pourtant toujours si vif. Il ne sourit pas à Mrs Hudson mais lui lança un bonjour enthousiaste :


    - Tiens tiens, Madame Hudson, voilà qui tombe bien, j'ai une faim de loup !

    Et ce disant, il saisit au passage un toast beurré et s'engagea dans l'escalier d'un pas vif :

    - Je reviendrai dans la soirée, certainement.

    Mrs Hudson resta un long instant interloquée avant de répliquer :


    - Mais où allez-vous, dans une tenue pareille ? Vous n'êtes pas sorti depuis des jours...

    Son ton démontrait qu'elle désapprouvait fortement. Sherlock Holmes eut un vague sourire et saisit son chapeau sur la patère en bas de l'escalier. Il la regarda un moment, l'air énigmatique puis ouvrit la porte. Il lui répondit, en la refermant et en se précipitant dans la rue :

    - Où ? Mais quelle question voyons... Chez Watson bien entendu !

    Mrs Hudson en fut soufflée. Si elle n'avait pas eu un plateau dans les mains, peut-être qu'elle aurait mis sa main sur son cœur et aurait prononcé une rapide petite prière pour le charmant couple qui allait recevoir une telle visite.

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